En feuilletant le cartable d’archives du SAC — un véritable trésor rempli de découpures de journaux et de revues datant des années 1990 — nous avons mis la main sur un pan d’histoire impressionnant.
Ce recueil témoigne de la richesse des actions menées par l’organisme et de l’engagement remarquable de l’équipe qui le pilotait.
Ce qui nous a particulièrement frappés, c’est de constater à quel point certains enjeux qui nous semblent aujourd’hui d’une brûlante actualité étaient déjà soulevés… en 1996! Une preuve éclatante que Madame Plamondon faisait preuve d’une vision et d’un sens de l’anticipation hors du commun.
Par souci de mémoire et par curiosité collective, nous avons choisi de retranscrire quelques extraits marquants de ces articles et de partager des photos authentiques de ces archives. Bon retour dans le passé!
Le 6 janvier 1996, on pouvait lire dans Le Nouvelliste : Une facture envoyée par erreur à une personne âgée Unitel se ravise sous la pression du SAC
Avant-propos – Historique
En 1989, Rogers Communications fait son entrée dans le domaine des télécommunications interurbaines en acquérant 40 % de CN/CP Télécommunications, une entreprise issue des chemins de fer Canadien National et Canadien Pacifique. Cette acquisition marque le début de ce qui deviendra Unitel Communications Inc.
En 1992, Rogers s’associe officiellement avec le Canadien Pacifique pour lancer Unitel, dans le but de concurrencer les géants établis comme Bell Canada. Cette même année, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) autorise l’ouverture du marché des services interurbains à la concurrence, mettant fin à un monopole vieux d’un siècle. En 1995, Rogers Communications se retire d’Unitel, mettant fin à une tentative ambitieuse mais financièrement difficile de redéfinir le paysage des télécommunications canadiennes.
L’article que nous partageons ici illustre une problématique encore bien présente dans notre société, et même je dirais qu’elle a pris de l’ampleur avec le temps : la pression téléphonique exercée sur les aînés.
Comment se fait-il que, depuis 1996 — alors même que les pratiques de sollicitation abusive envers les aînés étaient déjà bien identifiées — nous n’ayons toujours pas réussi, collectivement, à mettre fin à ce fléau?
Extrait [lien pour ouvrir la découpure de journal sur une nouvelle page : Article]
Le Service d’aide au consommateur de Shawinigan (SAC), vient de réussir à faire annuler une facture d’une quarantaine de dollars, adressée à une dame âgée qui avait pourtant dit non à la sollicitation de la firme téléphonique Unitel Communications. Cette intervention du SAC, au grand soulagement de la plaignante en question, vivant seule à Shawinigan, fait suite à la réclame téléphonique d’Unitel, lui proposant, en novembre dernier, le service de «cartes d’appels» pour éviter d’utiliser de la monnaie lors d’appels téléphoniques dans les boîtes publiques.
Malgré le refus catégorique de la Shawiniganaise d’adhérer au service, celle-ci eut la surprise de recevoir les jours plus tard, deux cartes avec des numéros d’identification différents. Par la suite, survient une facture sur laquelle apparaissent une quarantaine d’appels d’une minute chacun, placés en ville, à Trois-Rivières et même en Ontario. Stupéfaite, la dame tente de faire annuler ce compte, mais en vain.

C’est dans ce contexte que le SAC est intervenu et a réussi à faire annuler la facture auprès de Unitel. L’entreprise a rapidement collaboré, probablement parce que l’intervention provenait d’un organisme crédible, représenté par des intervenants bien informés et fermes dans leur démarche. Face à des vendeurs parfois insistants, ce type de représentation donne du poids à la demande et favorise une résolution rapide.
Encore aujourd’hui au SAC, en 2025, nous recevons un nombre important d’appels de personnes âgées confrontées à des sollicitations téléphoniques insistantes. Plusieurs d’entre elles ne saisissent pas pleinement la nature des engagements dans lesquels elles sont entraînées.
Ce phénomène est d’autant plus préoccupant que certains vendeurs maîtrisent des techniques de persuasion bien rodées, mais ne possèdent pas toujours les compétences — ni la volonté — d’expliquer clairement les termes et conditions de leurs services. Or, les personnes âgées ont souvent besoin d’un accompagnement patient et détaillé pour bien comprendre ce à quoi elles consentent.
Nous sommes donc disponibles pour vous, si vous croyez avoir été victime d’une telle approche de sollicitation.
SOURCES :
Publication format PDF, « Notre histoire » de Rogers [aproposde.rogers.com]
Section À propos, site web de Rogers [aproposde.rogers.com/]
Publication format PDF, « Les télécommunications au Canada » du Gouvernement du Canada [https://publications.gc.ca/collections/collection_2023/isde-ised/co22/Co22-44-1992-fra.pdf]
Crédit photos : Roxanne Rioux