Consommer local au Québec
Est-ce que les chiffres démontrent une réelle hausse de l’achat local? Cela fait quelques années qu’on entend parler de plus en plus de ce mouvement, de cette pratique ou plutôt de cette habitude de vie. Qu’en est-il en 2025, comparativement aux années antérieures?
Selon le Baromètre CQCD 2022 :
- 72 % jugent important d’acheter local pour les biens courants (alimentation, pharmacie, produits de beauté)
- 53 % jugent important d’acheter local pour les biens durables (meubles, électroménagers)
En ce qui concerne les données antérieures, si nous voulons comparer, nous constatons que les publications indiquent que l’achat local était visiblement moins valorisé avant les années 2010.
Les consommateurs étaient donc moins sensibilisés à l’origine des produits, et il ne faut pas oublier que les campagnes de promotion comme Le Panier Bleu ou Aliments du Québec n’existaient pas encore ou étaient peu connues.
Le Panier Bleu a été créé le 5 avril 2020 par le gouvernement du Québec, en réponse à la pandémie de COVID-19. Son objectif initial était de promouvoir l’achat local en répertoriant les commerçants québécois sur une plateforme accessible à tous.
Le 5 octobre 2022, Le Panier Bleu devenait officiellement une plateforme transactionnelle sur laquelle il était possible d’acheter en ligne chez des marchands québécois. La plateforme regroupait, en date du 1er février 2024, 562 marchands et plus de 262 000 produits. Cependant, en date du 28 février 2024, Le Panier Bleu a mis fin à ses activités.
De son côté, l’organisme Aliments du Québec a été créé en 1996 par la Filière agroalimentaire québécoise. Sa mission est de promouvoir l’industrie agroalimentaire du Québec à travers les marques Aliments du Québec et Aliments préparés au Québec, ainsi que leurs déclinaisons biologiques.
On souligne ici le côté avant-gardiste de cet organisme vu son existence depuis maintenant 29 ans!
QUELQUES FAITS SAILLANTS
Selon une étude de Léger sur les habitudes de consommation :
- 25% des québécois ont affirmé en avoir assez d’entendre parler d’achat local
- 78% des consommateurs québécois ont acheté local en ligne depuis le début 2020
- Cette proportion grimpe à 87% parmi les 25-34 ans
- 88% des québécois considèrent qu’en tant que consommateurs, ils ont un rôle important à jouer dans la relance économique
Le prix, c’est important?
Il y a également le facteur budget qui entre en compte, une étude Léger révèle que 54 % des Québécois estiment que leur budget ne leur permet pas d’acheter davantage de produits locaux. Les jeunes adultes, en particulier, achètent local seulement si le prix est équivalent à celui des produits importés.
Bien que 88 % des Québécois disent vouloir soutenir l’économie locale, seulement 26 % sont de vrais consommateurs réguliers de produits locaux. Il existe donc un décalage entre les valeurs et les comportements, ce qui peut générer une forme de culpabilité ou de lassitude.
Allons maintenant voir du côté de l’Italie, si cela vous chante!
Consommer local en Italie
Selon Cyril Jarnias, un expert indépendant en gestion de patrimoine internationale, les Italiens privilégient la qualité, l’authenticité et le style dans leurs achats. Il décrit comment cela se reflète dans trois secteurs en particulier :
- Alimentation : Les produits locaux et de saison sont fortement valorisés. Les marchés de quartier et les petits commerces restent très populaires, même face à la montée des grandes surfaces.
- Mode : Le « Made in Italy » est un gage de qualité. Les Italiens sont attentifs aux marques, à la coupe et aux matériaux.
- Design et ameublement : Les consommateurs investissent dans des objets durables et esthétiques, souvent issus de l’artisanat local.
- La sensibilité environnementale est également en hausse chez les Italiens, avec une demande croissante pour des produits durables et éthiques, notamment dans l’alimentation et la mode.
Selon le site BNP Paribas, qui est la vitrine numérique d’un des plus grands groupes bancaires mondiaux, offrant une gamme complète de services financiers pour particuliers, professionnels, entreprises et institutions, la culture d’affaires italienne repose sur des relations personnelles solides :
- Les premiers contacts sont formels, mais les relations évoluent rapidement vers plus de convivialité.
- Les rendez-vous doivent être planifiés à l’avance, idéalement en italien, et évitez les périodes de vacances comme août.
- Les entreprises familiales sont très présentes, avec une hiérarchie souvent centralisée.
- Le respect des engagements verbaux est crucial : un accord oral a une grande valeur.
Les Italiens apprécient les échanges en personne, les discussions animées, et l’humour dans les interactions professionnelles. Le style vestimentaire est aussi un marqueur important de professionnalisme.
En Italie, l’achat local se vit à travers des dynamiques citoyennes profondément enracinées dans le quotidien. Parmi les initiatives les plus marquantes figurent les Groupes d’achat solidaires (GAS), des collectifs de consommateurs qui s’organisent pour acheter directement auprès de producteurs locaux, selon des critères éthiques, écologiques et sociaux. Ces groupes favorisent une économie de proximité, tout en créant des liens durables entre citoyens et agriculteurs. Bien que leur origine soit communautaire, plusieurs municipalités et régions italiennes reconnaissent leur impact et les soutiennent ponctuellement, illustrant une forme de collaboration entre société civile et institutions publiques.
Sur le site web de Bellitalia, fournisseur Suisse de produits italiens, il y a une explication très simple de ce que sont les GAS, en voici un extrait :
Il y a quatre avantages à rejoindre un GAS
- Des économies
En achetant ensemble de plus grandes quantités, le prix final par personne est considérablement réduit.
- Qualité
Les amateurs de fruits et légumes trouveront des produits de grande qualité, cultivés en Sicile.
- Environnement
Nous évitons les déchets d’emballage et réduisons les émissions en effectuant un seul envoi avec de grandes quantités.
- Partage
Les GAS favorisent la socialisation et la rencontre entre les familles résidant dans le même quartier.
Le concept est similaire ici au Québec si on pense aux paniers bios, mais on pourrait peut-être s’en inspirer davantage!
SOURCES :
Baromètre CQCD 2022 [www.cqcd.org]
Panier Bleu Wikipédia [fr.wikipedia]
Aliments du Québec [www.alimentsduquebec.com]
Étude de Léger [leger360.com]
Article journal de Montréal – 2021 [www.journaldemontreal.com]
Site web de Cyril Jarnias [www.cyriljarnias.com]
BNP Paribas [www.tradesolutions.bnpparibas.com]
Site web Bellitalia [bellitalia.ch]
Crédit photo : Pixabay