Connaissez-vous la réduflation?
En anglais, le terme est shrinkflation. C’est une stratégie commerciale consistant à réduire la quantité ou le volume d’un produit dans son emballage, tout en maintenant ou en augmentant son prix de vente. Cette pratique, souvent qualifiée d’inflation masquée, permet aux fabricants de préserver leurs marges bénéficiaires face à la hausse des coûts de production. Ce phénomène s’inscrit d’ailleurs dans la tendance générale d’augmentation du coût de la vie que nous observons tous actuellement.
Saviez-vous que près de 30 % des produits d’épicerie au Canada ont été touchés par la shrinkflation, souvent sans que le consommateur en soit informé?
Qu’en est-il des autres pays
En Corée, les fabricants et les fournisseurs de produits alimentaires s’exposent à des amendes pouvant atteindre 7 300 $ s’ils omettent d’informer les consommateurs des changements de format de leurs produits.
Parallèlement, aux États-Unis, le sénateur Bob Casey a déposé un projet de loi visant à lutter contre la shrinkflation (réduction du volume des produits) des biens de consommation courante achetés par les familles américaines. Son analyse montre à quel point ce phénomène est répandu, et le projet de loi chargerait la Commission fédérale du commerce (FTC) de le qualifier de pratique déloyale ou trompeuse. Il autoriserait également des poursuites civiles à l’encontre des entreprises qui recourent à la shrinkflation.
En France, depuis 2024, les commerçants doivent afficher clairement lorsqu’un produit a diminué en quantité.
Les manquements à ces nouvelles obligations seront sanctionnés d’une amende allant de 3 000 € maximum pour une personne physique jusqu’à 15 000 € maximum pour une personne morale.
De plus, les agents de la DGCCRF pourront également prononcer des injonctions à l’encontre des établissements manquant à leurs obligations.
En comparaison avec le Québec, celui-ci répartit ces responsabilités entre plusieurs organismes, dont l’Office de la protection du consommateur et le Bureau de la concurrence.
Au Québec, l’encadrement repose principalement sur l’information transmise au consommateur, ce qui implique que celui-ci doit demeurer attentif aux variations de quantité ou de format des produits. Dans les faits, cette dynamique place une part importante de responsabilité sur les épaules du consommateur, qui doit comparer, surveiller et détecter les changements au fil du temps. Cette approche, bien qu’elle vise la transparence, laisse également une certaine marge de manœuvre aux commerçants pour ajuster les formats et les prix dans un cadre légal relativement flexible, tant que l’information affichée demeure exacte et non trompeuse. Cela crée donc un équilibre où la vigilance du consommateur joue un rôle central dans la détection de ces pratiques, plutôt qu’un encadrement strict obligeant les entreprises à signaler explicitement chaque modification.
Bien sûr, l’Office de la protection du consommateur peut intervenir si une pratique devient trompeuse. Par exemple, un emballage ou une présentation qui induit le consommateur en erreur.
Selon vous, quelles mesures seraient les plus appropriées à mettre en place ? Le Québec devrait-il s’inspirer du modèle français ?
SOURCES
Article sur le site Service public [https://entreprendre.service-public.gouv.fr/actualites/A17378?profil=societe]
Statistiques sur le site World Economic Forum [https://www.weforum.org/stories/2024/05/shrinkflation-inflation-cost-of-living/]
Guide mondial de DLA Piper sur la « shrinkflation » comparant 26 pays à travers le monde [https://www.dlapiper.com/en/insights/topics/international-shrinkflation-guide]
Statistiques sur la réduflation sur le site web Statistiques Canada [https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11-627-m/11-627-m2025016-fra.htm]
Article rédigé par Roxanne Rioux
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